Méthode CCTP

CCTP et DPGF : quelle différence et comment les articuler ?

Dans un dossier de consultation, le CCTP et la DPGF sont deux pièces complémentaires que l'on confond souvent. L'un décrit les ouvrages, l'autre en organise le chiffrage. Voici comment les distinguer et les faire travailler ensemble.

Le CCTP : le « quoi » et le « comment »

Le Cahier des Clauses Techniques Particulières (CCTP) est la pièce écrite qui décrit, lot par lot, les ouvrages à réaliser et leurs exigences : nature des matériaux, mises en œuvre, performances attendues, normes et DTU applicables. C'est le document de référence technique du marché.

Le CCTP répond à deux questions : « quoi réaliser ? » et « comment ? ». Il ne contient ni quantités chiffrées ni prix : il décrit, il prescrit, mais il ne compte pas. C'est ce qui le distingue de la DPGF, son pendant quantitatif.

La DPGF : le « combien »

La Décomposition du Prix Global et Forfaitaire (DPGF) est la décomposition chiffrée de l'offre. Elle reprend, poste par poste et lot par lot, les ouvrages du marché sous forme d'un tableau que l'entreprise complète avec ses quantités et ses prix unitaires.

La DPGF répond à une seule question : « combien ? ». Transmise vierge aux entreprises en consultation, elle revient renseignée et sert de base au chiffrage, puis à l'analyse des offres. C'est la pièce qui rend les devis comparables, à condition que toutes les entreprises répondent sur la même trame.

Leur place dans le DCE

CCTP et DPGF ne vivent pas isolément : ils font partie du dossier de consultation des entreprises (DCE), aux côtés d'autres pièces qui ont chacune un rôle distinct.

  • Le CCAP (Cahier des Clauses Administratives Particulières) : les règles administratives du marché — délais, pénalités, modalités de paiement.
  • Le CCTP : la description technique des ouvrages, lot par lot — le « quoi » et le « comment ».
  • La DPGF : la décomposition chiffrée du prix — le « combien » — que les entreprises complètent.
  • Les plans et la maquette : la traduction graphique du projet, qui localise et dimensionne les ouvrages.

Comment ils s'articulent

CCTP et DPGF décrivent le même projet sous deux angles : à chaque poste de la DPGF doit correspondre un ouvrage décrit au CCTP, et inversement. Le descriptif explique ce qui est attendu ; la décomposition chiffrée en organise le prix. Les deux pièces sont indissociables.

Concrètement, une entreprise lit le CCTP pour comprendre ce qu'elle doit réaliser, puis chiffre la DPGF en s'appuyant sur cette description. Si un ouvrage est décrit au CCTP mais absent de la DPGF — ou l'inverse — l'entreprise hésite, interroge, ou chiffre « à sa façon ». La cohérence entre les deux est donc déterminante.

Pourquoi leur cohérence est cruciale — et comment la garantir

Lorsque CCTP et DPGF divergent — un poste oublié, une quantité qui ne correspond plus, un ouvrage décrit mais non chiffré — les conséquences se paient cher : des offres bâties sur des périmètres différents, donc non comparables, et des litiges en cours de chantier sur « ce qui était prévu ». La cohérence des pièces écrites n'est pas un détail de forme : c'est ce qui sécurise la consultation.

Le risque vient surtout de la double saisie : un CCTP rédigé sous Word, une DPGF montée sous Excel, un métré recopié à la main, et trois fichiers qui se désynchronisent à la première modification. Une plateforme comme BuildOS relie ces pièces autour d'une seule donnée projet : la maquette 3D alimente le métré, le métré alimente le CCTP et la DPGF, et chaque poste chiffré reste rattaché à l'ouvrage décrit. Vous renseignez une fois — une modification se répercute partout, et les offres restent réellement comparables.